Clap de faim

Starlette se voit nue dans sa salle de bain ; en corps : une foi. La chambre chère, les plateaux garnis, les fleurs précieuses, ce décor est unique, on voit rarement cela. Une épaisse serviette sur le lit, des bas gisant à terre. Nuit câline, seule complice. Elle tend le bras bien haut face au miroir. Et se mire mutine pour satisfaire son désir, ses amants passés (avenir), son image séduisante sur l'écran. Puis l'immortelle grâce est figée, offerte à la terre des silices et des cônes. Etre connue, être donnée, ce doit être entièrement, petite fille, voilà l'idée, l'excitation. On se prosterne, on est tenu, en transgression, ... c'est une douce prostitution, bien chère payée, mais sans inconvénients. C'est officiel, elle est si belle. "Reine du peuple, aime-le tout entier. Sans te cacher au regard des hommes, de tous, beaux comme malheureux abîmés. C'est la royauté sur ce monde relié, immédiat directeur de tes actes. Car au devant de la scène, on ne peut prétendre qu'au luxe et aux compliments, il faut goûter la terre, le sel et les poivres de saison, il faut la sueur, la peur, l'abandon". Le talent ou la bonté ne sont pas là où on les juge.